
“Je suis toujours mon instinct, en général il ne me trompe pas. ” Est-ce seulement l'instinct qui l'a fait avancer si vite, avec des succès éclatants et parfois la sagesse de renoncer ? A 15 ans, elle réussit les rochers les plus difficiles de la forêt de Fontainebleau. A 17 ans, durant ses week-ends de lycéenne parisienne, elle multiplie les plus grandes courses dans les Alpes en cachette de ses parents inquiets de son audace. Vers 20 ans, elle rompt avec l'escalade pour se consacrer à son métier de kinésithérapeute, mais cinq ans plus tard le goût de l'escalade reprend le dessus.
Dès le début des compétitions d'escalade elle cueille les meilleures places, et en falaise elle réussit le premier 8 féminin. Avide de découvertes et de rencontres, elle commence aussi à parcourir le monde : elle ne cessera plus de ramener des reportages de ces voyages. Elle est devenue célèbre mais se lasse de la compétition, de ses routines exigeantes, de son univers clos.
Elle rêve à nouveau d'aventures en montagne. En 1990 elle grimpe en libre la tour de Trango au Pakistan et en solitaire le pilier Bonatti au Dru. En juin 1991, anticipant la redécouverte des grands "voyages" de l'escalade artificielle, elle ouvre seule en onze jours un nouvel itinéraire sur la face ouest des Drus.
Le 10 mars 1992, elle réussit seule, en 17 h, l'ascension de la face nord de l'Eiger, une paroi mythique, la plus meurtrière des Alpes. La même année elle tente l'immense pilier du Latok au Pakistan. Début 1993 elle réalise l'hivernale solitaire de la face nord des Grandes Jorasses, et fait au printemps une tentative sur le pilier ouest du Makalu, au Népal. En hiver 1994 le triptyque des grandes faces nord des Alpes s'achève avec la voie Bonatti au Cervin.
En 1995 elle gravit la face sud ouest du Shishapangma au Tibet, et fait une tentative sur la face sud de l'Annapurna. Début 1996 elle est victime d'un accident en Antarctique, mais peut reprendre son activité dès la fin de l'année.
Au début de l'été 1999, en deux jours, Catherine réussit en solitaire
la Directe de la Face Nord de la Cima Grande di Lavaredo, la voie
"Brandler-Hasse"
En 2007 son petit Victor a déjà neuf ans, et Catherine vit toujours ses passions avec la même fraîcheur.